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[외신기자클럽] 한국영화, 피묻은 역사를 깨우다 (+불어원문)

<그때 그 사람들> <살인의 추억>을 통해 본 정치적 유령

<그때 그 사람들>

2003년 부산국제영화제에서 이재용 감독은 ‘koreanfilm.org’ 웹사이트 운영자 달시 파켓에게 “박광수, 장선우 그리고 정지영 감독 같은 80년대와 90년대의 감독들은 정치적으로, 역사적으로 매우 무거운 짐을 지고 있다. 그들은 자기 세대의 사회적 문제의 무게로부터 자유로울 수가 없다. (중략) 우리 세대의 감독들은 이런 압박감으로부터 자유롭다. 한국사회의 이름으로가 아닌 자신들을 위한 영화를 만든다”라고 말했다. 이재용 감독이 역사를 조금은 성급하게 정리하려는 듯하다. 한국사회가 놀랄 만한 속도로 변한다는 얘긴 너무 흔해서 누구도 그 생각에 의문을 제기하지 않는다. 젊은 세대가 좀더 자유로울지 모르지만, 이 자유를 단지 역사의 페이지를 넘겨 전적으로 개인적인 주제에 전념하는 데 이용하지는 않는다. 어린 시절 추억이 무의식적으로 각인되듯이 이 세대도 그 시대의, 특히 광주의 기억에 의해 영향을 받았다.

예를 들어 얼마 전 프랑스에서 개봉된 <그때 그 사람들>은 역사의 한 부분에 맞선 젊은 감독의 작품이다. 영화는 젊은 여자들이 수영장에서 가슴을 드러내놓고 있는 장면으로 시작한다. 임상수 감독은 이렇게 문자 그대로 과거를 발가벗겨놓고 정면에 놓는다. 이런 직접적 접근 때문에 이 영화는 용기있는 예외가 됐다. 그렇지만 다른 많은 젊은 감독들은 과거를 우회적인 방법을 통해 파헤치려는 욕망을 드러낸다. 우회적일지 모르나 그들의 영화도 매우 정치적인 모습을 띤다. <말죽거리 잔혹사>에서 폭력적인 학교 제도는 여러 면에서 당시 정부를 반영하거나 그 결과물을 나타낸다. <살인의 추억>은 사회면 뉴스거리를 갖고 학생들을 잡아 족치는 데에만 유능하면서 작은 마을을 숨죽이게 한 살인범은 못 잡는 무능한 경찰을 보여준다.

게다가 한국영화만큼 고문과 감금을 그토록 많이 보여주는 영화가 또 어디 있는가? 박찬욱 감독이나 김기덕 감독이 살인자와 희생자의 육체적, 심리적 대결에 관심을 기울이게 되는 것은 어디에서 유래된 것일까? 개인적 환상 또한 역사의 결과물이 아닐까? 마찬가지로 우리는 복수라는 주제를 떠올릴 수도, 판타스틱영화에 관심을 가질 수도 있고, 표면에 떠오른 죽은 자인 귀신의 형상에 의문을 제기할 수도 있고…. 그러면 이토록 가까운 과거로부터 해방된 세대라는 느낌은 어디서 비롯된 것인가? 아마도 향수를 향한 한국 특유의 열정에서가 아닐까? 이번 휴가 중에 최근 프랑스어로 번역된 황석영의 뛰어난 소설 <오래된 정원>을 읽었다. 이 소설에서도 작가는 다음과 같은 구절을 통해 지난 25년은 어떤 흔적도 남기지 않고 사라져버렸다는 결론을 짓는 것처럼 보였다. “우리들이 그토록 들뜬 마음으로 정성을 다해 만든 눈사람은 어디로 갔는가? 정오의 태양에 녹아 내려 머리는 사라져 버리고, 빨간 고추로 만든 코는 땅에 떨어졌고, 모자는 바람에 날아가 버렸다. (중략) 아이들의 재잘거리는 웃음 또한 거리에서 사라져 버려 그곳엔 오로지 발자국과 바퀴 자국이 진흙탕으로 변한 무미한 일상만이 있을 뿐이다.” 이 감동적인 묘사는 사라짐의 미학에 관한 섬세함을 보여주지만, 동시에 훨씬 더 대조적인 현실을 포착하는 데는 장애가 된다. 즉 건축물이나 환경은 바뀌는 과정에 모든 흔적을 지워버릴 정도의 놀랄 만한 속도로 변했다. 그렇지만 우리는 독재의 세월이 캠퍼스의 최루탄 가스 냄새만큼이나 빠르게 증발해버렸다고 믿지 않아도 될 것이다. 피묻은 역사가 유리의 성 토대 속에 조용히 잠들어 있는 것이다. 영화는 그것을 깨워 직면할 수 있고, 한국영화의 젊은 세대는 그 사실을 무시하지 않는다. <살인의 추억> 마지막 장면이 좋은 예다. 시간은 흘렀지만 살인자는 아직도 돌아다닌다. 자신의 뒤에 씻기지 않은 범죄에 대한 불멸의 기억을 남겨놓은 것이다.

Fantomes politiques

En 2003, au festival de Pusan, le realisateur EJ Yong declarait a Darcy Paquet pour koreanfilm.org : ≪ les realisateurs des annees 80 et 90, comme Park Kwangsu, Jang Sun-Woo et Jung Ji-young, portent un tres lourd fardeau historique et politique. Ils ne peuvent pas se liberer du poids des problemes sociaux de leur generation […] les realisateurs de ma generation se sentent libres de cette pression. Ils font des films pour eux-memes et non pas au nom de la societe coreenne. ≫ Il me semble que EJ Yong enterre l’histoire un peu precipitamment. Il est si courant de dire que la societe coreenne change a une vitesse phenomenale que plus personne ne remet cette idee en cause. La jeune generation est sans doute plus libre mais elle n’emploie pas uniquement cette liberte pour tourner la page et se consacrer exclusivement a des sujets personnels. Elle est marquee par cette epoque, par Kwangju notamment, comme on est inconsciemment marque par l’enfance. The President’s Last Bang, qui sort ces jours-ci en France, est par exemple l’œuvre d’un jeune cineaste qui fait vaillamment face a un pan d’histoire. Le film s’ouvre sur des jeunes filles devoilant leur poitrine au bord d’une piscine. Im Sang-soo va ainsi litteralement deshabiller le passe, le mettre a nu frontalement. Dans cette approche directe, le film est une courageuse exception. Cependant, beaucoup d’autres jeunes cineastes eprouvent l’envie d’explorer le passe en prenant des detours et des chemins de traverse. Leurs films restent neanmoins eminemment politiques : dans Once upon a time in high school, le systeme scolaire violent est a bien des egards le reflet ou la consequence du gouvernement de l’epoque. Dans Memories of Murder, le fait divers permet de montrer une police habile a matraquer des etudiants et incapable de capturer un assassin qui officie dans un petit village. En outre, quel cinema montre autant la torture et l’enfermement que le cinema coreen ? D’ou vient la fascination de Park Chan-wook ou Kim Ki-duk pour la confrontation physique ou psychologique d’un bourreau et d’une victime ? Les fantasmes d’un individu ne sont-il pas aussi les consequences d’une histoire ? On pourrait egalement evoquer le theme de la vengeance, se pencher sur le cinema fantastique et s’interroger sur la figure du fantome, ce mort qui ressurgit a la surface … D’ou vient alors l’impression d’une generation affranchie d’un passe si proche ? Peut-etre d’une passion toute coreenne pour la nostalgie…

J’ai profite des vacances pour lire le grand roman de Hwang Sok-yong ≪ Le vieux jardin ≫ recemment traduit en francais. La encore, l’auteur semble conclure que plus rien ne reste des vingt-cinq dernieres annees : ≪ ou etait passe le bonhomme de neige que nous avions fabrique avec tant d’excitation et de soin ? Il avait fondu au soleil a son zenith : sa tete avait disparu, son nez de piment rouge etait tombe et le chapeau s’etait envole dans le vent […] Les rires joyeux des enfants avaient egalement disparu de la rue ou n’etait reste qu’un quotidien indifferent que les pas et les roues avaient change en boue. ≫ Cette description emouvante temoigne d’une sensibilite a l’esthetique de la disparition. Elle empeche peut-etre de saisir une realite beaucoup plus contrastee : bien entendu, l’architecture, le decor a change une vitesse fulgurante, balayant toutes traces sur son passage. On peut pourtant douter que les annees de dictature se soient evaporees aussi vite que les odeurs de lacrymogene sur les campus. Une histoire sanglante dort paisiblement dans les fondations des tours de verres. Le cinema peut la reveiller et l’affronter, la jeune generation du cinema coreen ne l’ignore pas. La fin de Memories of Murder est exemplaire : si le temps a passe, l’assassin court encore. Il a laisse derriere lui l’imperissable souvenir de crimes non expurges.

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